La douleur à la poitrine : généralités

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Si vous ressentez d’une douleur intense, un écrasement, une compression dans la poitrine qui dure plus de quelques minutes, ou si la douleur se répand dans votre nuque, votre épaule gauche, votre bras gauche ou votre mâchoire, rendez-vous immédiatement au service des urgences de l’hôpital. Ne prenez pas le volant. Appelez le SAMU pour un transport d’urgence.

La douleur à la poitrine est l’un des symptômes les plus effrayants que l’on puisse avoir. Il est parfois difficile, même pour un médecin ou autre personnel médical, de déterminer la cause de la douleur et si elle met en danger la vie du patient.

Toute partie de la poitrine peut être la cause de la douleur, qu’il s’agisse du cœur, des poumons, de l’œsophage, des muscles, de la peau et des os.

En raison de la complexité du système nerveux, il se peut que la douleur dans la poitrine soit provoquée par une autre partie du corps. L’estomac ou d’autres organes de l’abdomen, par exemple, peuvent causer des douleurs thoraciques.

Les causes de douleur à la poitrine potentiellement mortelles sont les suivantes :

  • La crise cardiaque (infarctus du myocarde aigu) : Une crise cardiaque survient lorsque l’afflux de sang vers les artères qui alimentent le cœur (les artères coronaires) se retrouve bloqué. Avec la diminution du flux sanguin, le muscle cardiaque ne reçoit plus assez d’oxygène. Ceci peut conduire à la dégradation voire à la mort du muscle cardiaque.
  • L’angine de poitrine : L’angine de poitrine est une douleur thoracique liée à un déséquilibre entre la demande du cœur en oxygène et son approvisionnement en oxygène par voie sanguine. Elle est causée par le blocage ou le rétrécissement des vaisseaux sanguins reliés au cœur. L’angine de poitrine est différente d’une crise cardiaque car les artères ne sont pas complètement bloquées, et elle ne cause que très peu ou pas du tout de dégâts sur le muscle cardiaque. Une angine de poitrine “stable” se produit de façon répétitive et prévisible au cours d’une activité physique et disparaît avec le repos. Une angine de poitrine “instable” se traduit par une douleur inhabituelle et imprévisible, qui ne disparaît pas complètement au repos, ou qui survient en fait au cours de celui-ci.
  • La dissection aortique : L’aorte est l’artère principale qui achemine le sang vers les organes vitaux du corps, tels que le cerveau, le cœur, les reins, les poumons et les intestins. La dissection est une déchirure de la paroi interne de l’aorte. Elle peut provoquer une hémorragie interne massive et interrompre l’afflux de sang en direction des organes vitaux.
  • L’embolie pulmonaire : Une embolie pulmonaire est un caillot de sang se formant dans l’un des principaux vaisseaux sanguins qui alimentent les poumons. Il s’agit d’une cause de douleur thoracique potentiellement mortelle mais qui n’est pas associée au cœur.
  • Le pneumothorax spontané : Souvent appelé affaissement pulmonaire, cette affection survient lorsque de l’air pénètre dans les alvéoles entre la paroi thoracique et le tissu pulmonaire. En temps normal, la pression négative au sein de la cavité thoracique permet aux poumons de se dilater. Lorsqu’un pneumothorax spontané se produit, de l’air entre dans la cavité thoracique. Suite à la perte de l’équilibre des pressions, les poumons ne peuvent plus se dilater de nouveau, ce qui coupe l’approvisionnement normal en oxygène au sein de l’organisme.
  • Un viscère perforé : Un viscère perforé est un trou ou une déchirure au niveau de la paroi d’une partie du conduit gastro-intestinal. Ceci permet alors à l’air de pénétrer dans la cavité abdominale, ce qui irrite le diaphragme, et peut provoquer une douleur thoracique.
  • Une douleur à la poitrine provoquée par la cocaïne : La cocaïne provoque un rétrécissement des vaisseaux sanguins. Ceci conduit à la diminution de l’afflux de sang en direction du cœur, provoquant alors une douleur thoracique. La cocaïne favorise également le développement de l’athérosclérose, un facteur de risque pour la crise cardiaque.

 

Les causes de douleur à la poitrine qui ne sont pas immédiatement mortelles sont les suivantes :

  • La péricardite aigue : Il s’agit d’une inflammation du péricarde, qui est la membrane entourant le cœur.
  • Le prolapsus de la valve mitrale : Le prolapsus de la valve mitrale est une anomalie de l’une des valves cardiaques au cours de laquelle une partie de la valve continue d’aller dans la chambre haute du cœur pendant la contraction. Lorsque cela se produit, une petite quantité de sang retourne dans le cœur. Certains pensent que ceci peut être la cause de douleurs thoraciques chez certains individus, bien que cela n’ait pas été prouvé avec certitude.
  • La pneumonie : La pneumonie est une infection du tissu pulmonaire. La douleur thoracique survient suite à l’inflammation de la muqueuse des poumons.
  • Les troubles de l’œsophage : Une douleur thoracique due à des troubles de l’oesophage peut être un symptôme alarmant car elle ressemble à la douleur ressentie lors d’une crise cardiaque.
    • Le reflux acide (reflux gastro-œsophagien, RGO, pyrosis) survient lorsque les sucs gastriques acides remontent de l’estomac vers l’œsophage. La douleur qui en résulte est généralement vécue comme une douleur thoracique.
    • L’oesophagite est une inflammation de l’œsophage.
    • Le spasme œsophagien se définit comme une contraction excessive, intense ou désordonnée du muscle lisse de l’oesophage.
  • La costochondrite : Il s’agit d’une inflammation du cartilage entre les côtes. La douleur se situe généralement au milieu de la poitrine, avec des crises aiguës par intermittence qui peuvent être favorisées par la respiration profonde, les mouvements, et le toucher.
  • Le zona : Il s’agit d’une réactivation du virus responsable de la varicelle. Une éruption cutanée se produit, seulement sur une petite partie du corps. La douleur, souvent très intense, se limite généralement à la zone de l’éruption. Elle peut survenir 4 à 7 jours avant l’éruption. Les facteurs de risque incluent toute maladie affaiblissant le système immunitaire, tel qu’un âge avancé, le VIH, ou le cancer. Le zona est très contagieux pour les personnes n’ayant pas attrapé la varicelle ou n’ayant pas été vaccinées contre la varicelle, sur un intervalle de cinq jours avant et après l’apparition de l’éruption cutanée.